Découverts dans les années 1980, les analogues du GLP-1 (glucagon-like peptide-1) tirent leur origine d’une hormone intestinale impliquée dans la régulation de la glycémie et de l’appétit. Leur commercialisation en France a débuté à la fin des années 2000 pour le diabète de type 2, où ils ont largement fait leurs preuves.
Le rôle clé du médecin libéral
À des dosages plus élevés, ces molécules ont ensuite obtenu une autorisation de mise sur le marché (AMM) dans le traitement de l’obésité (traitement non remboursé).
Leur efficacité ne se limite pas à la régulation glycémique et à la perte de poids : ils se sont également imposés comme de véritables protecteurs cardiovasculaires, avec des bénéfices démontrés tant chez les patients diabétiques que chez les personnes obèses.
Aujourd’hui, ces traitements injectables sont de plus en plus utilisés et reconnus pour leur capacité à reproduire l’action du GLP-1 naturel tout en résistant à sa dégradation rapide.

Prescription en France : un cadre en évolution
Depuis février 2025, la prescription dans le diabète de type 2 est soumise à un formulaire de justification (AméliPro ou papier), à présenter à chaque délivrance.
Pour l’obésité, depuis juin 2025, tout médecin peut initier et renouveler le traitement sous conditions : IMC ≥ 30 kg/m² ou ≥ 27 avec au moins une comorbidité liée au poids, après échec d’une prise en charge nutritionnelle, associé à un régime hypocalorique et une activité physique. L’usage esthétique reste interdit.
L’éducation thérapeutique : un levier majeur
L’action pharmacologique ne suffit pas : l’éducation thérapeutique du patient (ETP) est essentielle pour optimiser les résultats.
1. L’ETP technique
Elle rend le patient autonome : utilisation des stylos préremplis avec rotation des sites, conservation, gestion pratique au quotidien. Cet apprentissage réduit les erreurs et favorise l’observance.
2. L’ETP comportementale
Le poids est influencé par des facteurs multiples – biologiques, psychologiques, sociaux et environnementaux –bien au-delà de l’alimentation. L’ETP comportementale accompagne le patient dans une approche globale :
- écoute des signaux corporels (faim, satiété, fatigue)
- amélioration du sommeil
- gestion du stress et des émotions
- activité physique adaptée
- organisation du quotidien préparation aux situations à risque(repas festifs, périodes de fatigue, stress professionnel).
L’importance de l’ETP en ville
La proximité et la coordination entre médecins, pharmaciens, infirmiers, diététiciens, psychologues et éducateurs APA (Activité Physique Adaptée) offrent un suivi réactif et continu.
Le médecin libéral reste le pivot, garantissant la cohérence du parcours et la traduction des bénéfices pharmacologiques en changements durables pour le patient.