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Ce phénomène est sous estimé pour des raisons sociétales : il existe un déni vis-à-vis de ce qui était considéré jusqu’à il y a peu de temps comme faisant partie de la sphère privée.

De plus, la méconnaissance des troubles psycho-traumatiques qu’induisent les violences et de leurs mécanismes porte lourdement préjudice aux victimes en empêchant de reconnaître leur souffrance. Certains de leurs comportements sont même considérés comme pouvant « expliquer » les exactions des conjoints violents alors qu’ils en sont la conséquence !

La patiente elle-même peut être envahie par la culpabilité et penser qu’elle a une responsabilité dans ce qui lui arrive. Par ailleurs, la femme victime de violences a beaucoup de difficultés à dire sa souffrance. Elle est paralysée par la honte sociale qu’entraîne pour elle le fait d’être aux yeux de son entourage une femme battue.

Il est donc fondamental que le médecin puisse repérer ces violences conjugales. Il est préconisé de poser systématiquement, au cours d’un interrogatoire médical classique, des questions sur un possible vécu de violences. Ceci peut libérer la parole de la patiente. Nombreuses en effet sont les femmes qui disent « si l’on m’avait posé la question.. »


Source :

  • colloque « Prise en charge des femmes victimes de violences intra-familiales » le 23 novembre à Bordeaux, sous l’égide de Gynécologie Sans Frontières
  • enquête URPS auprès de 2.991 médecins libéraux de la Nouvelle Aquitaine


Fiche pratique URPS de décembre 2017