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La Gironde est classée au niveau 1 du plan national anti-dissémination des virus du chikungunya, de la dengue et du Zika.
Ce niveau signifie que le moustique Aedes albopictus est implanté et actif dans le département. Le moustique tigre peut, dans certaines conditions particulières, être vecteur de ces virus.
C’est pourquoi une surveillance renforcée est mise en place du 1er mai au 30 novembre.

Comment reconnaître le moustique tigre ?

  • il est très petit (plus petit qu’une pièce d’un centime d’euro), ne dépassant pas 1 cm d’envergure,
  • son corps et ses pattes sont zébrés noir et blanc,
  • sa piqûre est douloureuse,
  • il pique durant la journée (ce n’est pas lui qui empêche de dormir).

Ces caractéristiques permettent de ne pas le confondre avec d’autres espèces de moustiques locaux plus ou moins zébrées.

Cycle de vie

La vie d’un moustique se déroule sous quatre formes distinctes : l’oeuf, la larve, la nymphe et l’adulte.

La première phase de la vie du moustique se déroule en milieu aquatique (stades oeuf, larve et nymphe). Seul le stade adulte se déroule en milieu aérien.
Les larves de moustique ont besoin d’eau stagnante pour se développer.
Le moustique tigre est actif de mai à novembre. Il passe la période hivernale en diapause (période de repos) : les adultes meurent et les oeufs pondus à l’automne écloront au printemps suivant.

Gites de développement

Le moustique s’adapte rapidement dans un très large éventail d'habitats.
L’espèce est adaptée à l'environnement humain et se développe préférentiellement dans des environnements péri-urbains, ainsi que dans des zones urbaines très denses.
Aedes albopictus a colonisé toutes sortes de récipients et réservoirs artificiels ainsi que d’éléments du bâti disponibles en milieu urbain (vases, pots, fûts, bidons, bondes, rigoles, avaloirs pluviaux, gouttières, terrasses sur plots…).

Pourquoi les moustiques aiment-ils vivre près de nos maisons ?
Parce qu’ils y trouvent :

  • de la nourriture pour le développement de leurs oeufs, en nous piquant,
  • des endroits pour pondre dans les eaux stagnantes,
  • des lieux de repos à l’ombre des arbres.

Aire de répartition en France

Détectée en Italie dans les années 90, l’espèce est surveillée en France métropolitaine depuis les années 2000.
Cette surveillance est principalement mise en place dans les grandes agglomérations et le long des axes de communication car les oeufs et adultes peuvent être déplacés passivement par l’homme.
Initialement, les zones surveillées étaient des sociétés importatrices de pneus usagés depuis des zones où Aedes albopictus était présent, ainsi que la frontière franco-italienne. Parallèlement à des introductions, détectées puis contrôlées, chez certains importateurs de pneus dans le nord de la France, l’implantation d’une population d’Aedes albopictus a été mise en évidence dans le Sud-Est de la France en 2004 à Menton. La surveillance s’est ensuite amplifiée et a permis de suivre sa progression.
A ce jour, l'espèce est implantée dans des communes de 33 départements de France métropolitaine, dont le département de la Gironde.
Des interceptions (identification de la présence et contrôle) sont également régulièrement réalisées en d’autres points du territoire...

Risque sanitaire

Le moustique tigre est capable de transmettre à l’homme les virus de la dengue, du chikungunya et du Zika.

Bien que ces maladies sévissent principalement en zones tropicales, la survenue de cas autochtones (contractés sans voyage) en France métropolitaine représente un risque bien réel.
Ainsi ont été identifiés, en 2010, deux cas autochtones de dengue et deux cas autochtones de chikungunya respectivement à Nice et à Fréjus - en 2013, un cas autochtone de dengue dans les Bouches-du-Rhône - en 2014, un foyer de 11 cas autochtones de chikungunya à Montpellier - en 2015 six cas autochtones de dengue à Nîmes et en 2017 deux foyers comptant 18 de chikungunya dans le Var.

En 2017, entre le 1er mai et le 30 novembre, en France métropolitaine, 180 cas ont été confirmés :

  • 15 cas de Zika,
  • 137 cas de dengue,
  • 24 cas de chikungunya,
  • 4 flavivirus.
Sur la même période, en Gironde, 17 cas importés ont été confirmés :
  • 4 cas de Zika,
  • 11 cas de dengue,
  • 2 cas de chikungunya.

Transmission

Pour qu’une transmission de ces virus ait lieu en France métropolitaine, plusieurs conditions sont nécessaires :

  • la présence du vecteur,
  • l’exposition du moustique au virus de la dengue, du chikungunya ou du Zika,
  • une « naïveté » immunologique de la population humaine à ce virus, ce qui est le cas des métropolitains, très peu confrontés à ces virus...

L’exposition des moustiques tigres présents en France à ces virus est notamment possible lorsque des voyageurs, de retour de pays où ces maladies sont présentes (Antilles, Amérique du Sud, Asie du Sud-Est, Océan Indien) reviennent infectés et se font piquer par des moustiques tigres locaux.
Après quelques jours, ces moustiques seront capables de transmettre à leur tour, sur le territoire métropolitain, le virus à une personne qui n’a pas voyagé à l’occasion d’une autre piqûre.

le Zika se transmet aussi par voie sexuelle. Dans le cas de Zika, le moustique tigre n’est pas le seul vecteur de la maladie : elle peut se transmettre lors de rapports sexuels.
Cette transmission sexuelle peut se produire jusqu’à plusieurs semaines après le début de l’infection.
Il est recommandé aux personnes en retour de voyage dans une zone à risque, même en l’absence de symptômes, d’utiliser un préservatif lors de rapports sexuels. Les connaissances actuelles de la transmission du Zika témoignent d’une contamination possible jusqu’à trois mois après le retour d’une zone de circulation active du virus.
Le Haut Conseil de la Santé Publique sur la transmission sexuelle du Zika recommande en particulier aux femmes enceintes, des rapports protégés avec des partenaires de retour de zones de circulation du Zika pendant toute la durée de la grossesse pour limiter les risques d’infection pouvant mettre en danger l’enfant à naître.

Des gestes simples pour se protéger efficacement

Aedes albopictus est un moustique particulièrement nuisant qui pique de jour (principalement à l’aube et au crépuscule) et préférentiellement l’homme.
Il n’existe pas de vaccin contre la dengue, le chikungunya et le Zika.

Pour limiter au maximum les risques d’infection et les nuisances occasionnées par ce moustique, il est essentiel de lutter contre sa prolifération.
Dans ce cadre, la mobilisation de la population est primordiale. En effet, chacun, en modifiant son comportement et en adoptant des gestes simples, peut participer à cette lutte.

Éviter la prolifération des moustiques potentiellement vecteurs de ces maladies

Se protéger, c’est d’abord éliminer les gîtes d’accueil potentiel du moustique.
Il est important de souligner que les produits anti-moustiques (insecticides et répulsifs) ne permettent pas d’éliminer durablement les moustiques. Il est donc nécessaire de limiter leurs lieux de ponte et de repos.

Pour éliminer les larves de moustiques, il faut :

  • éliminer les endroits où l’eau peut stagner : petits détritus, encombrants, pneus usagés (vous pouvez les remplir de terre si vous ne voulez pas les jeter), déchets verts,
  • changer l’eau des plantes et des fleurs une fois par semaine, ou si possible supprimer les soucoupes des pots de fleur, remplacer l’eau des vases par du sable humide,
  • vérifier le bon écoulement des eaux de pluie et des eaux usées et nettoyer régulièrement gouttières, regards, caniveaux et drainages,
  • couvrir les réservoirs d’eau avec un voile moustiquaire ou un simple tissu : bidons d’eau, citernes, bassins,
  • couvrir les piscines hors d’usage et évacuer l’eau des bâches ou traiter l’eau stagnante (eau de Javel, galet de chlore).

Pour limiter les lieux de repos des moustiques adultes, il faut :

  • débroussailler et tailler les herbes hautes et les haies,
  • élaguer les arbres,
  • ramasser les fruits tombés et les débris végétaux,
  • réduire les sources d’humidité (limiter l’arrosage),
  • entretenir votre jardin.

eau et moustique tigre

Ces gestes simples réduisent de 80% le risque de présence du moustique à proximité du domicile, et donc de piqûre.
Le moustique tigre se déplace peu. Celui qui nous pique est né chez nous. C’est donc à chacun d’entre nous d’être vigilant pour détruire les larves.

Se protéger contre les piqûres de moustiques pendant et en revenant d’un voyage en zone à risque

La prévention individuelle passe par l’utilisation de moyens de protection physiques et chimiques.
La dengue, le chikungunya et le Zika se transmettent d’homme à homme principalement par l’intermédiaire de moustiques du genre Aedes. Lors d’une piqûre, le moustique prélève le virus sur une personne infectée. Après un délai d'incubation chez le moustique de l'ordre de quelques jours et à l’occasion d’une autre piqûre, le moustique peut transmettre le virus à une personne saine.
Les personnes se rendant dans des zones où circulent les virus du chikungunya, de la dengue ou du Zika, c’est à dire dans l’ensemble des zones tropicales (cf BEH hors-série 31 mai 2016 Recommandations au voyageurs) comme actuellement dans de nombreux pays d’Amérique latine, les Antilles françaises, la Guyane et l’Océan Indien, doivent se protéger des piqûres de moustiques sur place mais également à leur retour si elles résident dans les départements où le moustique est implanté. L’objectif est de prévenir l’introduction et la transmission de ces maladies en métropole.
L’Aedes a une activité principalement diurne avec une recrudescence d’activité le matin et en fin de journée. C’est donc dans la journée qu’il faut se protéger.

Éviter les piqûres de moustiques de retour d’un voyage en zone à risque, c’est protéger la santé de notre entourage. Pour plus d’informations, vous pouvez demander conseil à votre pharmacien ou à votre médecin.

Pour se protéger des piqûres, il faut :

  • porter des vêtements longs et protéger les pieds et chevilles, ce sont des mesures très efficaces pour réduire l'exposition aux piqûres
  • l’imprégnation des vêtements par des insecticides renforce cette protection (avantages : persistance du produit, coût et sécurité d’emploi puisque le contact avec la peau est fortement réduit)<
  • utiliser des répulsifs cutanés, ils contiennent un principe actif qui éloigne les insectes sans toutefois les tuer (à appliquer sur toutes les parties découvertes du corps, à l’exception des muqueuses et des lésions cutanées étendues), visage compris, durée de la protection entre 6 à 12 heures selon la concentration du produit et de la température extérieure - à renouveler en fonction de la transpiration ou des bains et des douches. L’utilisation de crèmes solaires diminue l’efficacité de protection des répulsifs et réciproquement).
  • des précautions d’emploi sont à respecter notamment chez l’enfant et chez la femme enceinte. L’emploi de moustiquaires de berceau est le moyen prioritaire de protection efficace des jeunes enfants et la protection par le port de vêtements couvrants est particulièrement recommandée.

La liste des répulsifs anti-moustiques est disponible sur www.social-sante.gouv.fr/repulsifs-moustiques

Dans l’habitat, il est possible d’équiper portes et fenêtres de moustiquaires afin de réduire la présence de moustiques.
Cette barrière physique peut être complétée par le traitement systématique, à l’aide d’insecticides, des rideaux de portes, voilages, fenêtres et séparations intérieures ainsi que par l’utilisation de répulsifs domestiques comme les diffuseurs électriques.
Les tortillons fumigènes ne doivent être utilisés qu’à l’extérieur (à éviter en présence de personnes sensibles : nourrissons, jeunes enfants, personnes souffrants d’asthme…).
Les moustiques n’aimant pas les endroits frais, la climatisation est également un bon moyen de protection individuelle.

Les maladies : chikungunya, dengue, Zika

Dengue

C'est une maladie virale transmise par la piqûre des moustiques du genre Aedes (moustique tigre).
La dengue provoque de fortes fièvres accompagnées de maux de tête, de courbatures et d’une sensation de fatigue.
Si dans la majorité des cas il n’y a pas de complications, la maladie peut cependant évoluer vers des formes sévères (dengue hémorragique en cas d’infections répétées).
Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique de la dengue, ni de vaccin. La prise en charge est donc centrée sur la surveillance et les traitements symptomatiques pour soulager la douleur et la fièvre. L’aspirine est toutefois contre indiquée par son action anti-agrégeante plaquettaire, elle peut aggraver la situation.

Chikungunya

Il provoque de fortes fièvres accompagnées de maux de tête. La fièvre élevée apparaît brutalement accompagnée de douleurs articulaires pouvant être intenses, touchant principalement les extrémités (poignets, chevilles, phalanges).
L’évolution est le plus souvent favorable, sans séquelle, mais elle peut aussi évoluer vers une phase chronique marquée par des arthralgies (douleurs articulaires) persistantes. L’immunité acquise est durable.
Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique, ni de vaccin. Le traitement est symptomatique (anti-douleurs, médicaments contre la fièvre).

Zika

Suite à la piqûre de moustique, ou après un rapport sexuel non protégé avec une personne infectée, les symptômes apparaissent après un temps d'incubation allant de 3 à 12 jours. La majorité des personnes infectées par le virus (on estime 70 à 80 % des cas) ne développent aucun symptôme. Dans sa forme classique, le virus peut provoquer un syndrome pseudo-grippal et des éruptions cutanées possiblement prurigineuses avec ou sans fièvre, des douleurs articulaires, des douleurs musculaires, des conjonctivites, des maux de têtes, et des oedèmes des mains et/ou des pieds. La plupart des cas ne justifient pas d'hospitalisation.
Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique, ni de vaccin.
Le traitement est avant tout symptomatique (traitement de chacun des symptômes) et repose notamment sur la prise d'antalgiques (comme le paracétamol), et le repos. L’utilisation d’aspirine est fortement déconseillée en raison des risques de saignement.
Il est important de consulter un médecin en cas de signes évocateurs, tout particulièrement pour les femmes enceintes compte-tenu du risque de complication chez l'enfant à naître.

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