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Coronavirus - Covid-19

Spécialités chirurgicales : une reprise compliquée

Si les consultations médicales reprennent assez rapidement, les activités chirurgicales sont encore bien difficiles. Le Plan Blanc avait obligé l’arrêt des interventions chirurgicales, en ne conservant que les activités d’urgences vitales (chirurgie cardiaque et viscérale) et celles où la perte de chance est importante (carcinologie, chirurgie vasculaire, surtout), afin de favoriser les activités de réanimation.


Ce Plan Blanc n’est pas encore totalement levé mais les indications autorisées sont élargies. Pour autant, la reprise n’est pas totale, loin de là.


Alors qu’est ce qui freine cette reprise ? 

Essentiellement la pénurie de matériel : les produits d’anesthésie, habituellement utilisés le temps d’une intervention ou pour des réanimations de courte durée (quelques jours), ont été fortement consommés pour des réanimations longues et des patients souvent de fort poids, nécessitant des doses importantes. Par exemple, la demande mondiale d’un anesthésiant comme le Midazolam® a augmenté de 25 000% !

Mais les pénuries ne s’arrêtent pas là : tuniques, pyjamas de blocs, casaques chirurgicales, charlottes, calots, sur-chaussures, tubulures de respirateurs, font défaut, amenant certains établissements à recycler le jetable pour les activités non stériles.

Les masques, dont tout le monde subit encore les difficultés d’approvisionnement, posent là aussi la nécessité d’un rationnement, quand il faut équiper tout le personnel (même ceux qui ne portaient pas de masques habituellement), ainsi que les patients. On arrive vite à une consommation de plus d’un millier de masques par jour dans certains établissements, même en faisant durer les masques parfois bien au-delà des durées préconisées pour certains postes.

 

Mais aussi une diminution de lits : dans beaucoup d’établissements, il n’est plus possible pour des raisons de sécurité sanitaire de conserver 2 lits dans les chambres doubles : autant de places en moins, dépendant du nombre de personnel et de la taille des chambres.

 

Un personnel soignant épuisé après des gardes répétées et des soins lourds dans les réanimations covid. Les vacances sont nécessaires et le personnel est en sous-nombre actuellement, d’autant que la reprise scolaire est incomplète. Les solutions de remplacement ne sont pas efficaces à 100%.

 

Enfin des mesures de sécurités sanitaires plus drastiques qui rallongent les temps d’occupation des blocs opératoires et diminuent donc le nombre d’interventions possibles sur une vacation (une vacation correspond à un temps défini d’occupation d’une salle d’opération pour un chirurgien, souvent comptabilisé en demi-journée. Pas question de déborder sur la vacation d’un autre chirurgien).

 

De fait, dans ce contexte de tension, l’activité chirurgicale est rationnée et raisonnée : Rationnée car la plupart des chirurgiens n’ont pas récupéré la totalité de leurs vacations opératoires et ne bénéficient que de 50 à 66% de leur temps alloué habituel. Raisonnée car pendant 2 mois les interventions n’ont pas été réalisées et il faut donc opérer ces patients en organisant un ordre de priorité selon l’état pathologique, et en y incluant les nouveaux patients qui peuvent nécessiter une intervention plus ou moins urgente.

 

Les blocs opératoires n’étant pas extensibles (au contraire des lits de réanimation), et connaissant les délais d’intervention qu’il y avait avant le confinement, on peut s’attendre à ce qu’il faille plusieurs mois pour revenir à un niveau correct de fonctionnement.


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