Convention médicale : ce qui change au 1er janvier 2026 pour les médecins libéraux

Après une première vague de mesures déployée fin 2024 et début 2025, la convention médicale 2024-2029 franchit une nouvelle étape.

Le 1er janvier 2026 marque l’entrée en vigueur de plusieurs dispositions d’importance

Refonte du forfait médecin traitant, ouverture du cumul consultation-actes techniques, consultation de recours au pédiatre (CRE), renforcement du suivi en santé mentale des moins de 25 ans, nouvelles consultations longues pour les patients de plus de 80 ans, consultations avancées…

Autant de changements concrets qui affectent votre pratique quotidienne et votre rémunération.

Tour d'horizon des mesures à connaître

Le nouveau forfait médecin traitant : FMT

Depuis le 1er janvier 2026, le forfait médecin traitant (FMT) remplace le FPMT et la Rosp pour les médecins traitants. Il devient annuel, individualisé par patient, et tient compte de l’âge, de l’état de santé, de la situation sociale et du parcours de prévention. Le montant socle peut aller jusqu’à 100 € pour un patient de plus de 80 ans en ALD. Une majoration de 10 € est prévue pour chaque patient bénéficiaire de la complémentaire santé solidaire. Le volet prévention est, lui, rémunéré à 5 € par indicateur validé et par patient. 

Le nouveau forfait médecin traitant (FMT) comporte :

  • Une part fixe calibrée sur la complexité de la situation du patient (âge, pathologie chronique) ;
  • Une part variable selon le niveau de réalisation des vaccins, dépistages et consultations obligatoires auxquels le patient est éligible.

 

En savoir plus : https://www.ameli.fr/medecin/exercice-liberal/facturation-remuneration/dispositif-medecin-traitant/nouveau-forfait-medecin-traitant-janvier-2026

La Donum remplace le forfait structure

Au 1er janvier 2026, la dotation numérique (Donum) remplace le forfait structure. Elle repose sur des indicateurs resserrés et simplifiés, avec trois socles majeurs : disposer d’un logiciel référencé Ségur avec LAP certifié HAS, de la version du cahier des charges SESAM-Vitale la plus à jour et utiliser les principaux téléservices sécurisés.

La valeur du point est fixée à 7 € et la rémunération peut atteindre 2 940 € par an si l’ensemble des indicateurs socles et optionnels est validé.

En savoir plus sur les nouveaux indicateurs : https://www.ameli.fr/medecin/exercice-liberal/facturation-remuneration/nouvelle-dotation-numerique-janvier-2026

Le cumul des actes évolue

C’est une évolution structurelle : la règle d’incompatibilité entre honoraires de consultation (NGAP) et actes techniques (CCAM) s’assouplit. Depuis le 1er janvier 2026, plusieurs actes techniques peuvent être facturés à 100 % en sus d’une consultation lors du même rendez-vous.

L’objectif affiché est de mieux reconnaître le temps clinique et diagnostique mobilisé autour de certains actes techniques. Ces cumuls ne sont possibles que pour une consultation de référence ou coordonnée facturée à tarif opposable, et seulement pour une liste déterminée d’actes CCAM (pose ou changement d’un DIU en gynécologie par exemple).

En savoir plus : https://www.ameli.fr/sites/default/files/Documents/Actes-CCAM-cumul-honoraires-consultation-janvier%202026.pdf

De nouvelles revalorisations pour améliorer les parcours coordonnés et les prises en charges complexes

La convention médicale poursuit la revalorisation des spécialités à fort enjeu de santé publique, en soutenant particulièrement les praticiens qui suivent au quotidien les enfants, les personnes âgées, et les patients souffrant de troubles psychiques. Ces revalorisations traduisent une volonté de promouvoir un accompagnement plus régulier, plus précoce et mieux adapté aux besoins croissants de ces populations, valorisant les prises en charge complexes et les parcours coordonnés. Ces mesures concernent principalement les médecins exerçant en secteur 1 ou adhérant à l’OPTAM, dans le cadre de tarifs opposables.

  • Santé des enfants : les consultations des moins de deux ans et les examens obligatoires sont revalorisés à 40€ (+1€). Les autres examens obligatoires réalisés entre la naissance et deux ans (COH) sont également revalorisés de 45€ à 50€. Les examens obligatoires de l’enfant avec certificat (COE) augmentent quant à eux de 54€ à 60€. Pour les situations nécessitant un avis spécialisé, une consultation de recours au pédiatre (CEP) entre en vigueur à hauteur de 60€. Sur adressage de la PMI, de la médecine scolaire ou de certains professionnels paramédicaux (sage-femme, orthophoniste ou orthoptiste), elle permet aux familles d’accéder plus rapidement à une expertise pédiatrique renforcée. Le pédiatre doit faire un retour écrit au demandeur et au médecin traitant. Cette consultation ne peut être facturée plus d’une fois par an pour une sollicitation du même demandeur, et dans la limite de 3 fois par an pour un même patient.
  • Santé mentale : La consultation de référence coordonnée est désormais valorisée à 57€ (contre 55€ actuellement) et la majoration dédiée pour les moins de 25 ans progresse de 12€ à 18€, portant le montant de la consultation coordonnée à 75€.
  • Santé des personnes âgées : La consultation du gériatre est revalorisée à 42€ (contre 37€ actuellement) et trois consultations longues pour les patients de plus de 80 ans valorisées à hauteur de 60€ voient le jour pour les situations suivantes : Le retour à domicile après une hospitalisation, l’ouverture d’un dossier d’accompagnement social (APA) pour favoriser le maintien à domicile, la révision des traitements pour les patients polymédiqués.

 

Plusieurs consultations de spécialités bénéficient également de la poursuite de leurs revalorisations :

  • en gynécologie médicale, la consultation coordonnée est portée à 40 €  (+ 3 €),
  • en dermatologie, la consultation coordonnée dédiée au dépistage du mélanome est revalorisée à 60 € (+ 6 €),
  • en endocrinologie, la consultation complexe passe à 62 € (+4 €),
  • en neurologie, la consultation coordonnée est revalorisée à 57€ (+ 2 €),
  • en médecine physique et de réadaptation, la consultation passe à 40 € (+ 4 €).
Téléexpertise : l’acte TE2 est revalorisé

Au 1er janvier 2026, l’acte de téléexpertise du médecin requis passe à 23 € (au lieu de 20€). Le médecin requérant facture toujours 10 €.

La téléexpertise reste limitée à 4 actes par an pour un même patient, par médecin requis et par médecin requérant. Elle n’est pas cumulable avec un autre acte ou une majoration.

La maîtrise de stage universitaire (MSU) mieux valorisée

À compter du 1er janvier 2026, la mission de maître de stage universitaire (MSU) est portée à 800 € par an en ZIP et 500 € par an hors ZIP, contre 350 € auparavant.

Une meilleure valorisation de l’engagement des médecins libéraux dans les soins non programmés

Depuis la convention médicale 2024, la prise en charge des soins non programmés franchit une nouvelle étape avec des évolutions ciblées de la nomenclature, notamment pour mieux reconnaître les contraintes liées aux prises en charge à domicile :

  • +10 € pour une visite réalisée en journée dans un délai court après régulation,
  • +6,5 € pour une visite après régulation via le Service d’Accès aux Soins (SAS), ou dans le cadre de la permanence des soins (nuit, dimanches et jours fériés),
  • +15 € de majoration spécifique pour les déplacements en zone de montagne.

 

Autant d’évolutions qui traduisent une reconnaissance renforcée de votre rôle essentiel dans l’accès aux soins sur les territoires.

Pour vous accompagner, l’URPS met à votre disposition une fiche pratique pour sécuriser vos pratiques et optimiser votre facturation des soins non programmés : https://www.urpsml-na.org/organisation-des-soins/organisation-facturation-snp-fiche-pratique/

Une nouvelle modalité de rémunération du Service d’Accès aux Soins (SAS) en 2026

Depuis le 1er janvier 2026, la participation au SAS est valorisée par un forfait annuel de 1 000 €, en évolution par rapport au dispositif précédent (1 400 €).

Cette rémunération vise à soutenir l’engagement des médecins libéraux dans la prise en charge des soins non programmés, dans un cadre régulé.

Pour en bénéficier :
✔ Exercer dans un département où le SAS est opérationnel

✔ Être inscrit sur la plateforme numérique SAS

✔ Rendre visible tout ou partie de son agenda (2 heures hebdomadaires à renseigner) ou participer à une organisation territoriale validée

Besoin d’y voir plus clair ou de vous engager ? Consultez notre fiche pratique : « Participer au SAS : les repères essentiels »

Soutenir l’exercice en zones sous-denses

Parmi les évolutions majeures apportées par la nouvelle convention, le développement des consultations avancées ouvre de nouvelles perspectives pour inciter les médecins qui ne sont pas installés en ZIP, au titre de leur cabinet principal ou secondaire, à intervenir ponctuellement dans ces zones.

Ces consultations sont valorisées à hauteur de 200 € par demi-journée, dans la limite de 6 demi-journées par mois et sont applicables depuis le 1er janvier 2026.

Pour permettre aux médecins d’identifier les territoires en tensions et en particulier ceux classés en ZIP, décryptez le nouveau zonage médecins en application depuis le 04 février en Nouvelle-Aquitaine : https://www.urpsml-na.org/medisi/un-nouveau-zonage-medecins-pour-mieux-cibler-les-territoires-en-tension/

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