Quelle efficacité pour la médecine thermale ?

La médecine thermale reste discutée par certains. Dans cet article, rédigé par le Professeur Jean-Louis Montastruc, Faculté de Médecine et CHU de Toulouse, Membre de l’Académie Nationale de Médecine et Président du Conseil scientifique de l’Association Française pour la Recherche Thermale (AFRETh) propose une revue régulière des grandes études de la littérature internationale, démontrant l’efficacité de cette pratique thérapeutique méconnue.

Absolue nécessité d’évaluation rigoureuse de la médecine thermale

Avant tout, rappelons que l’évaluation de toutes les thérapeutiques, et donc aussi de la Médecine Thermale, ne peut se faire qu’à travers des études cliniques rigoureuses. L’expérience clinique ou les séries de cas ne peuvent tenir lieu de démonstration convaincante.

Quelle meilleure définition de la méthodologie de l’évaluation moderne que le texte du Claude BERNARD dans « Introduction à La Médecine Expérimentale » (1865) : « Un médecin qui essaye un traitement et qui guérit ses malades, est porté à croire que la guérison est due à son traitement. Tous les jours, on peut se faire les plus grandes illusions sur la valeur d’un traitement, si on n’a pas recours à l’expérience comparative. L’expérience comparative exige pour être valable d’être faite dans le même temps et sur des malades aussi comparables que possible ».

Trois points sont indispensables pour tout essai clinique :

  1. Comparaison
  2. Simultanéité
  3. Comparabilité


Sans groupe témoin (contrôle), suivi simultanément et identique au groupe traité (grâce au tirage au sort), impossible de conclure. Les comparaisons historiques ou avant après ne permettent jamais de conclure…

Étude thermarthrose

La rhumatologie (RH) constitue l’orientation principale de la médecine thermale et l’arthrose, la principale indication (1 curiste sur 2).

Objectifs : Étude, conduite à Aix-les-Bains, Balaruc et Dax, cherchant à déterminer si la cure, (associée à des exercices à domicile et au traitement habituel) apporte un bénéfice supplémentaire par rapport aux exercices et la prise en charge de l’arthrose du genou.

Méthodes : Essai clinique prospectif randomisé multicentrique réalisé auprès de patients souffrant d’arthrose du genou (critères de l’American College of Rheumatology) en 2006-2007. La randomisation de Zelen a été utilisée afin que les patients ignorent l’existence de l’autre groupe et que le personnel thermal ne sache pas quels patients participaient à l’étude. Les critères d’évaluation étaient autoévalués par les patients. Le critère d’évaluation principal a été le nombre de patients avec amélioration cliniquement significative minimale (MCII) à 6 mois (≥ 19,9 mm sur l’EVA douleur et/ou ≥ 9,1 points sur l’indice normalisé arthrose Western Ontario et McMaster).

Résultats : À 6 mois, 50,8% des 195 patients curistes sont améliorés versus 36,4% des 187 témoins (p=0,005). Un seul évènement indésirable « grave » (lithiase urinaire) a été observé.

Conclusion : Cette étude, publiée dans la première revue mondiale de rhumatologie (Ann Rheum Dis 2010;69:660), montre qu’une cure thermale de 3 semaines associée à des exercices à domicile et aux traitements pharmacologiques habituels offre des bénéfices après 6 mois par rapport aux exercices et au traitement habituel seuls (+66% d’amélioration par rapport au groupe non cure) dans l’arthrose du genou.

Cette étude permet de valider l’indication « arthrose du genou » en médecine thermale.

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